Ce qu'il faut retenir pour 2026-2028
Tout médecin en exercice doit valider son développement professionnel continu (DPC) sur chaque période de trois ans. Le cycle en cours va de 2026 à 2028. Sur cette durée, vous devez réaliser au minimum deux actions de nature différente parmi trois familles : la formation continue, l'évaluation des pratiques professionnelles et la gestion des risques. La preuve se conserve dans un document de traçabilité, et c'est votre Ordre qui contrôle que l'obligation est remplie.
L'Agence nationale du DPC (ANDPC) pilote le dispositif : elle enregistre les organismes, valide les programmes et verse l'indemnisation aux professionnels libéraux. En 2026, cette indemnisation reste fixée à 45 euros de l'heure pour le présentiel et la classe virtuelle synchrone, mais la formation continue en distanciel asynchrone n'est plus indemnisée. Le reste de cet article détaille chaque point.
Deux actions minimum, de types différents
Le principe de fond n'a pas bougé. Sur les trois ans, vous devez justifier d'au moins deux actions relevant d'au moins deux catégories parmi :
- la formation continue (présentiel, classe virtuelle synchrone, e-learning) ;
- l'évaluation des pratiques professionnelles (EPP) : audit de dossiers, groupe d'analyse de pratiques, revue de morbi-mortalité ;
- la gestion des risques (GDR).
Une seule formation ne suffit donc pas à remplir l'obligation triennale. L'esprit du dispositif est d'articuler un apprentissage et une amélioration mesurable de la pratique. Les actions choisies doivent s'inscrire dans les orientations nationales prioritaires. Celles définies pour 2023-2025 ont été prorogées jusqu'au 31 décembre 2027 (arrêtés du 23 juin 2025 puis du 3 juin 2026), ce qui veut dire que les thématiques déjà publiées restent valables pour vos inscriptions du triennal 2026-2028.
Le rôle de l'ANDPC
L'ANDPC est l'organisme public qui structure le dispositif. Elle tient le registre des organismes de DPC habilités, contrôle la qualité et la pertinence des programmes, publie le catalogue des actions et gère la plateforme sur laquelle les libéraux s'inscrivent. C'est aussi elle qui fixe, section professionnelle par section professionnelle, les droits de tirage annuels (le nombre d'heures prises en charge) et les forfaits d'indemnisation. Pour un salarié d'un centre de santé conventionné, le forfait compense la perte de ressources du centre. Pour un médecin libéral, il compense votre temps non travaillé. L'Agence n'est pas votre Ordre : elle finance et référence, mais c'est l'Ordre qui vérifie que vous êtes à jour.
Comment remplir concrètement l'obligation
La marche à suivre est balisée. Vous activez votre compte sur la plateforme de l'Agence, vous choisissez une action enregistrée et rattachée aux orientations prioritaires, puis vous la suivez jusqu'au bout. À l'issue, vous récupérez une attestation et vous alimentez votre document de traçabilité, le justificatif qui prouve à votre Ordre, à un employeur ou à l'ARS que vous êtes en règle.
Un conseil pratique : ne concentrez pas tout en fin de cycle. Répartir une formation puis une démarche d'EPP sur les trois années évite l'embouteillage de décembre 2028 et sécurise l'indemnisation, dont les droits se comptent chaque année. Ce qui n'est pas consommé une année n'est pas toujours reportable.
L'indemnisation en 2026 : ce qui a changé
Le taux de référence pour les médecins reste de 45 euros par heure indemnisée, pour le présentiel et la classe virtuelle synchrone. Pour un médecin généraliste conventionné, le droit de tirage tourne autour de 21 heures prises en charge par an, soit jusqu'à environ 945 euros d'indemnisation annuelle en se formant. Le nombre d'heures et les forfaits exacts dépendent de votre section professionnelle : vérifiez votre plafond sur la plateforme plutôt que de vous fier à un chiffre générique.
Deux évolutions à connaître pour 2026. D'abord, la formation continue en distanciel asynchrone (l'e-learning classique) n'est plus indemnisée : seuls le présentiel et la classe virtuelle synchrone ouvrent l'indemnisation de la perte de revenus. Ensuite, une fois votre plafond d'heures triennal atteint, vous ne pouvez plus vous inscrire qu'à des actions d'EPP, de gestion des risques ou à des programmes intégrés.
Que risque un médecin qui ne remplit pas son obligation
Le contrôle relève de l'Ordre. En cas de manquement, la première étape est un rappel et une invitation à régulariser rapidement votre situation. Si aucune preuve n'est apportée sur la période, le dossier peut être transmis à la chambre disciplinaire, qui apprécie la suite. Au-delà du risque disciplinaire, un DPC à jour est un élément de sécurité médico-légale et un marqueur de qualité lors d'un contrôle ou d'un renouvellement. Autrement dit, l'enjeu ne se limite pas à une case administrative à cocher.
Faire compter une formation en IA dans votre parcours
Le numérique en santé, dont l'adaptation des pratiques aux solutions d'intelligence artificielle, figure parmi les orientations nationales prioritaires. Une formation à l'IA appliquée à la médecine peut donc constituer l'action de formation continue de votre parcours triennal, à condition de la combiner avec une action d'un second type (une EPP, par exemple) pour valider les deux catégories exigées. La formation IA appliquée à la santé de MedKey (3 jours, 21 heures) est construite dans cette logique.
Côté financement, restons précis. Pour être indemnisée et prise en charge au titre du forfait de l'ANDPC, l'action doit être enregistrée sur la plateforme de l'Agence par un organisme de DPC. La certification Qualiopi, que détient MedKey, ouvre de son côté le financement par votre OPCO et le cofinancement FSE+ du coût pédagogique pour les structures de moins de 50 salariés, sous conditions. Ces deux voies ne se confondent pas, et un reste à charge reste fréquent : la prise en charge n'est pas toujours totale. Pour comparer les circuits, voyez notre page financement OPCO et l'article financer une formation IA en santé. En cas de doute sur votre situation, un point avec votre Ordre et votre financeur avant de vous engager évite les mauvaises surprises.
Questions fréquentes
- Quelle est la période triennale de DPC en cours pour les médecins ?
- Le cycle actuel court du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028. Sur ces trois ans, chaque médecin doit valider au moins deux actions de types différents. Les inscriptions faites en 2026 et 2027 comptent pour ce triennal, et les orientations prioritaires publiées restent valables jusqu'au 31 décembre 2027.
- Combien d'actions faut-il réaliser pour être en règle ?
- Au minimum deux actions relevant d'au moins deux catégories parmi la formation continue, l'évaluation des pratiques professionnelles et la gestion des risques. Une seule formation ne suffit pas. L'objectif est d'associer un apprentissage et une démarche d'amélioration de la pratique, le tout tracé dans votre document de traçabilité disponible sur la plateforme de l'ANDPC.
- Combien rapporte l'indemnisation DPC en 2026 ?
- Pour les médecins, l'indemnisation est de 45 euros par heure en présentiel ou en classe virtuelle synchrone. Un généraliste conventionné dispose d'environ 21 heures par an, soit jusqu'à environ 945 euros. La formation continue en distanciel asynchrone n'est plus indemnisée depuis 2026. Vérifiez votre plafond selon votre section professionnelle.
- La formation DPC en e-learning compte-t-elle encore ?
- Oui, pour valider votre obligation : une action de formation continue en distanciel asynchrone (e-learning) enregistrée sur la plateforme de l'ANDPC reste recevable dans votre parcours triennal. En revanche, depuis 2026, elle n'ouvre plus droit à l'indemnisation de la perte de revenus, réservée au présentiel et à la classe virtuelle synchrone. Le présentiel cumule donc validation et indemnisation.
- Une formation à l'IA peut-elle compter pour le DPC ?
- Oui, le numérique et l'IA en santé figurent parmi les orientations prioritaires. Une formation IA peut être l'action de formation continue de votre parcours, à combiner avec une action d'un second type. L'indemnisation ANDPC suppose une action enregistrée sur sa plateforme ; le financement OPCO ou FSE+ couvre le coût pédagogique, avec un reste à charge fréquent.